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Le chantier et les missions 2001

ACTION D’AIDE AU DEVELOPPEMENT

AU BURKINA FASO en 2001/2002


PROJETS REALISES


01. REALISATION D’UNE BOULANGERIE AVEC FOUR A PAIN A DOUROULA

Afin d’améliorer leur régime alimentaire essentiellement constitué de mil et de sorgho et d’un peu de viande, les villageois ont demandé la réalisation d’un four à pain, lors de la dernière réunion du comité de jumelage avec la ville de Besançon. Cette réalisation présente pour eux plusieurs avantages ; un enrichissement de leur alimentation grâce à l’apport important en protéines contenues dans le pain, la production d’un nouvel aliment avec un coût énergétique très bas car il consomme peu de bois et permet de mener combat contre la déforestation trop importante

Au lycée, dans le cadre d’un projet européen, des élèves ont travaillé sur un prototype de four en terre. Il était donc possible pour nous de réaliser une telle construction là-bas, nous en avions les compétences.

L’étude de faisabilité sur le plan technique fut rapidement menée à terme, sur le plan financier, la présentation de notre projet à nos sponsors a suscité leurs adhésions immédiates.
Ce projet a été financé par le Lions Club CITE de Besançon

Le projet a été présenté aux villageois pour qu’ils fassent des remarques si nécessaires et qu’ils définissent son emplacement.

Première journée de chantier

Nous découvrons au cœur du village sur un terrain légèrement en pente et bien ombragé le site réservé pour la construction. Notre surprise est grande quand nous découvrons que ce lieu sert de dépotoir et que plusieurs m3 de détritus sont posés là.
Sur ordre du préfet et la Présidente du groupement féminin qui sera notre référant pour tous les ordres et les besoins nécessaires au chantier, les villageois se mettent au travail et notamment les enfants, c’est une véritable fourmilière, en 1h le site nous est livré. Il ne reste plus rien.
C’est avec un décamètre, une bobine de ficelle et 8 tiges de fer récupérées dans le tas de détritus que nous réalisons l’implantation. Les villageois nous regardent l’air circonspect.
Le terrassement des fondations de l’ouvrage peut commencer. Les élèves se mettent au travail, aidés par les villageois munis de leurs outils traditionnels. La chaleur qui est accablante ralentit notre rythme de travail, il fait 40°C. Notre soif est constante et difficile à étancher.

Seconde journée de chantier

Le groupe d’élèves présent ce jour-là est très sollicité physiquement. Il faut préparer 2 m3 de béton dans la matinée. Le pari est tenu, je suis content de l’attitude du groupe qui est resté uni et solidaire malgré le passage à vide de certains camarades. L’après-midi est consacrée au déchargement des 1300 briques de latérite. A notre arrivée vers 15h30, les villageois sont déjà à l’œuvre. Les élèves se répartissent spontanément dans la chaîne humaine en place. Le début de chaque après-midi est réservé pour la sieste, la chaleur étant trop accablante pour travailler.

Troisième, quatrième et cinquième journées de chantier

Elles sont consacrées à la construction des murs de la boulangerie qui comprend un local pour la vente, une aire de stockage pour le bois, une zone de travail pour la fabrication du pain et le four. Pour les travaux en hauteur, nous construisons des échafaudages avec les moyens locaux : des bidons, des planches et des branches d’eucalyptus et quelques tréteaux apportés de France lors d’un précédent séjour. Je demande aux villageois de nous approvisionner en gravillon, j’ai besoin de ce matériau pour réaliser la sole du four pour le lendemain. Nous sommes surpris les élèves et moi de voir arriver des femmes avec dans le dos un bébé et sur leurs têtes un seau rempli de gravillons. Pendant ce temps, les hommes préparent le thé à l’ombre et nous regardent travailler.

Sixième journée de chantier

C’est la réalisation de la sole du four (partie basse du four). Le coffrage de la sole est réalisé avec des branches d’eucalyptus, une couche de béton de 12 cm avec des aciers et pour finir une couche de terre de 25 cm. La terre est de très bonne qualité, elle se malaxe facilement avec nos pieds. Le soir le travail est terminé.

Septième journée de chantier

C’est la journée de mise en forme du four. Les élèves malaxent la terre avec les pieds mélangée à des herbes sèches, c’est le banco. Il est mis en place autour d’un coffrage tressé avec des pousses de mils et des branches d’eucalyptus. La couche de banco est de 30 cm. Le volume de terre est de 2 m3. La taille du four est 2.20 m extérieur et de 1.15 m de hauteur. Il a la forme d’une coupole. Un délai de 6 semaines est nécessaire pour le séchage du banco avant l’utilisation du four.

Fin du chantier

La première partie du projet est terminée. Il faut désormais former les femmes à la fabrication du pain, et à la cuisson. Leur formation sera assurée par un boulanger de Dédougou pendant une semaine.
Un sac de 50 kg de farine avec la levure fournie par Afriq’Energies l’école de Condorcet de Besançon sont fournis, leur permettant ainsi de débuter leur fabrication. La gestion de la boulangerie sera assurée par les femmes, ce qui laisse présager de bonnes chances de réussite du projet.
Nous remercions la présidente des femmes pour son aide, sa générosité et le sérieux qu’elle a manifesté tout au long de ce projet.
Les élèves sont fiers de leur réalisation et les professeurs le sont également par le sérieux et la motivation qu’ils ont apportés tout au long de réalisation du projet.


02. PROJET SOLAIRE

Lors de nos voyages précédents nous avons pu constater que nombre de burkinabés résidents hors des villes n’avaient pas d’électricité et qu’ils faisaient partie des deux milliards d’êtres humains n’ayant pas accès à ce confort.

Ce constat nous a permis d’entreprendre une réflexion de fond pour améliorer les conditions de travail sur le plan médical dans la maternité, dispensaire et pharmacie pour permettre d’effectuer des interventions de nuit et de conserver les médicaments, sur le plan scolaire afin de favoriser les conditions de lecture de jour et de nuit pour les actions d’alphabétisation, sur le plan culturel afin de développer les rencontres en effectuant des projections, la venue de groupes de théâtre et folkloriques dans le centre situé en plein air.

Une étude de faisabilité, tant sur le plan technique que financier entre tous les procédés susceptibles de produire une énergie a fait ressortir que la solution la mieux adaptée par rapport à la latitude du pays ne pouvait être que le système de panneaux photovoltaïques solaires. En effet le souci était également de minimiser la participation financière des villageois ne disposant d’aucune ressource dans les frais d’installation, de fonctionnement et de maintenance.

Le procédé retenu offre une énergie gratuite pour un développement durable mais cela demande un investissement de base très important.

La décision a été prise de financer le projet à 100% car les villageois venaient de connaître une année de famine mais en demandant seulement un investissement physique des villageois et de la mise en place d’un comité de suivi pour assurer la maintenance du projet.

Le projet a été présenté à la population par l’intermédiaire Blamami KOTE Président du Comité Local de Jumelage de Douroula et de Monsieur Abou TRAORE Préfet du département de Douroula afin qu’elle donne son accord tant sur les lieux d’implantation que sur les propositions citées dans le montage du projet.

Après avoir obtenu l’accord, un appel d’offre a été lancé auprès de Total Energies et d’une entreprise burkinabé ESOD située à 30 km de lieu de l’installation afin de comparer les prestations et le montant des travaux.

Après cette consultation, un montage de dossier a été instruit pour obtenir des subventions auprès de l’ANVAR, d’Entreprises privées, des Collectivités Locales & Territoriales et des particuliers.

Nous avons mis en place de stages de formation en faisant appel aux compétences des techniciens de l’ADEME de Besançon et de JURA ENERGIE SOLAIRE. Ceci a permis aux élèves de comprendre le principe de fonctionnement du système des panneaux solaires du type photovoltaïque, de calculer les surfaces de panneaux par rapport aux besoins et les règles essentielles de montage.

Le projet a été réalisé conjointement avec l’entreprise ESOD de Dédougou et les élèves « sous un soleil de plomb » Il a été exécuté en trois jours par équipe de trois afin que chacun puisse apporter sa contribution au projet.

L’installation terminée, le soleil pouvait remplir son rôle auprès des accus. Un diaporama sur les us et coutumes de la Franche-Comté a pu être présenté à la population du village de Douroula lors de la soirée d’inauguration et s’est terminée par une soirée dansante sous les projecteurs et les étoiles de la voie lactée. L’honneur était sauf les accus avaient tenus.

Un comité de suivi a été mis en place afin d’assurer le fonctionnement du projet

Ce partenariat avec les entreprises et les villageois aura permis de cibler plusieurs objectifs tant sur le plan humain que technique :

  • Découvrir les avantages des énergies renouvelables et non polluantes.
  • Sensibiliser nos élèves sur les problèmes des pays en voie de développement
  • Développer le sens de la communication en effectuant le montage des dossiers et rencontrer des acteurs du monde professionnel et humanitaire.
  • Créer un esprit de groupe.
  • Etre acteur dans des projets de développement durable.
  • Contribuer à l‘égalité des chances dans la vie quotidienne de l’être humain.

03. ENQUÊTE SUR LES DECHETS

Sur proposition au Conseil du Village faisant état d’expériences menées dans d’autres pays d’Afrique, une enquête a été effectuée afin d’envisager une gestion des déchets plus respectueuse de la santé des habitants et de l’environnement.

L’accueil de cette proposition avant l’enquête était mitigé, la délégation de l’AFVP chargée de la coordination du développement dans le secteur émettant des doutes sur la volonté des habitants à modifier leurs comportements dans leur vie quotidienne.
Accompagnés d’un guide traducteur, des équipes d’élèves sont entrés dans 19 concessions représentant 7 des 9 quartiers du village, soit environ 500 habitants sur 3600 à Douroula.
A chaque fois, l’interlocuteur était le chef de la concession, souvent un homme âgé, porteur de l’autorité.

Chaque concession est organisée de la même façon, qu’elle compte 6 personnes ou 60. La case du chef de famille se situe en entrant et celles des femmes sont réparties autour d’une cour centrale où ont lieu toutes les tâches domestiques. Les ânes, les vaches sont attachées, les chèvres, les moutons et les poules circulent librement.
Les déchets produits représentent une faible quantité comparée à la nôtre, car il y a peu d’objets et tout ce qui est alimentaire est éliminé par les animaux. Le métal est fondu, le vieux bois brûlé. Il n’y a pas d’objets en verre ou céramique car les calebasses, le métal et le plastiques les remplacent avantageusement en raison de leur solidité et leur coût de revient. Les anciens rapportent que les quantités de déchets augmentent au fil des générations.
Dès qu’un déchet devient encombrant, il est « balancé » derrière un mur de la concession donnant sur un espace réservé à cet effet. Comme toutes les concessions du quartier ont un mur donnant sur ce même lieu, on y découvre une décharge à ciel ouvert dégageant une odeur de pourrissement où s’amoncellent végétaux non comestibles, tissus, toiles et plastiques.
De temps en temps, on y met le feu pour en diminuer la quantité : les fumées sont âcres et envahissent le quartier. Les chèvres mangent les plastiques, deviennent malades et meurent. Les enfants qui y jouent risquent des blessures et des morsures par les rongeurs et les reptiles.
Les questions posées font apparaître que la population est bien consciente des désagréments et des risques liés à cette situation. Dès lors, ils souhaitent connaître les expériences positives réalisées ailleurs.
L’idée principale est de récupérer les plastiques et d’aller les brûler loin de ces décharges. Un bidon troué serait installé dans la concession où tous les plastiques seraient déposés.
Ces bidons seraient acheminés de temps en temps dans un lieu extérieur où ils seraient brûlés. Afin de mieux gérer le lieu de brûlage, il serait choisi à vents contraires dominants, clos pour empêcher aux animaux et aux enfants d’y accéder.

Plusieurs possibilités d’acheminement seraient possibles : soit une personne par concession se chargerait d’effectuer cette tâche, soit une personne rémunérée par une taxe serait chargée de le faire avec un âne et une charrette pour plusieurs concessions à la fois. Le choix largement majoritaire s’est porté sur la solution par concession, évitant ainsi les problèmes d’argent.

Pour mettre en place ce dispositif, les habitants souhaitent qu’un Comité de Salubrité Publique soit créé, composé de représentants par quartiers nommés par le Conseil du Village.

Ce Comité pourrait à terme réfléchir sur d’autres améliorations à apporter en matière de déchets, de qualités des rues et ainsi que des latrines et des douches.

Au terme de cette enquête, les habitants ont été heureux d’être consultés sur ces problèmes très pratiques et dont les solutions sont à leur portée.

Notre équipe a rapporté les résultats de cette enquête devant le Conseil du Village. Satisfaits des réponses apportées, il a décidé d’organiser très rapidement l’information sur ce Comité de Salubrité Publique et sa création. D’une voix unanime, le Conseil penche d’ores et déjà pour solution par quartiers.

Ainsi, ce qui pouvait paraître comme peu probable pour les délégués de l’AFVP s’est révélé comme une préoccupation réelle des habitants ; En deux générations, les anciens ont vu les inconvénients du progrès et avec les jeunes, ils souhaitent prendre en main l’avenir de leur santé et de leur environnement.
Quant aux élèves qui ont suivi l’enquête, ils avaient l’occasion de s’immerger quelques instants dans la vie des concessions. Ils ont pu observer les rôles des différents membres, identifier les points communs existants entre ce qu’ils voyaient et un passé peu lointain raconté par leurs grands-parents à la campagne.
Ils ont découvert que toute vie collective et sociale nécessite de s’organiser autour des besoins élémentaires. On appelle cela actuellement l’écocitoyenneté.

La concrétisation du projet sera réalisée lors d’un projet chantier.


04. LE GROUPEMENT DE FEMMES

A la demande du Club UNESCO du Lycée Tristan BERNARD de Besançon, nous avons rencontré le groupement de femmes de DOUROULA

Celui-ci est très bien structuré, avec des représentantes au Conseil du Village, comptant toutes les générations.
Les besoins recensés s’orientent autour de leurs tâches familiales, mêlant la vie collective et leur autonomie.

Ayant peu de moyens financiers, elles souhaitent d’abord acquérir du matériel de cuisine collectif qui permettrait d’organiser plus rationnellement les repas des fêtes traditionnelles. Ces ustensiles seraient gérés par le groupement lui-même et pourrait faire l’objet de prêts.

Leur second vœux serait de pouvoir raccommoder et même coudre elles-mêmes leurs vêtements, tâche actuellement réservée à l’artisan tailleur. Elles pourraient ainsi économiser de l’argent et personnaliser leurs tenues vestimentaires.

L’occasion a permis de présenter une idée originale initiée par une femme française Hélène Cadiac.
En récupérant des sacs plastiques usagés, mais aussi des restes de tissus, des ficelles, il est possible de couper des bandes qui se transforment ainsi en fil. Il ne reste plus qu’à les crocheter et leur donner une forme de sac ou de tapis. En mariant les couleurs et les matières, de nouveaux objets sont ainsi crées pour la fantaisie ou l’utile. Les femmes savent toutes crocheter, activité des périodes creuses agricoles. Elles pourraient donc éviter un surcroît de déchets, et qui sait, s’organiser pour vendre leurs réalisations sur le marché, créant une source nouvelle d’argent pour le ménage.
Cette idée a été bien accueillie, toutes ont discuté sur les innovations possibles. Elles envisagent de faire des essais à la prochaine saison calme et nous tiendront informées.

Une réflexion pour développer des activités complémentaires au niveau de l’artisanat a été abordée afin d’apporter un complément à leurs revenus.


05. SCOLARITE

Primaire

Le lycée de Graviers Blancs et les écoles primaires de Condorcet et Pierre et Marie Curie qui travaillent étroitement avec les 18 écoles primaires situées sur le Département de Douroula ont offert du matériel scolaire :
cahiers, stylos, gommes, crayons de couleur, documents sur la Franche-Comté, livres et du matériel de sport.
Le matériel étant acheté par les écoles primaires de Besançon et grâce à la générosité des subventions et des sponsors. Une horloge a également été offerte à chaque groupe scolaire grâce à la générosité de la société MATY.

Un projet d’aide pour l’achat de livres scolaires burkinabé a été abordé pour notre prochain voyage
Des actions avec les écoles vont se mettre en place

Formation professionnelle

Nous avons rendu visite au Centre Technique de Formation de Nouna Kossi situé à 80 km de Douroula.
Le centre accueille 210 jeunes en formation dans les spécialités de la maçonnerie et de l’électro - technique.

Après une présentation des formations et de l’établissement nous avons exposé notre action aux professeurs et aux élèves burkinabés.

Des échanges se sont mis en place pour échanger des cours et réfléchir à la réalisation d’un chantier en commun.

Le centre s’est vu remettre un lot de matériel qui avait été offert par les sociétés Roland Matériel et Stanley de Besançon.

Un autre contact a été pris avec le Lycée Technique Commercial Béthel de Dédougou situé à 25 km de Douroula afin d’envisager un échange avec le Lycée Professionnel Tristan Bernard de Besançon.


06. SANTE

Préparation du projet

Dans un premier temps, la préparation du projet a consisté à :

  • La recherche de sponsors, matériels, médicaments,
  • La recherche d’informations et de matériel sur le SIDA en lien avec la situation sur place (rencontre avec l’association « la flottille de l’espoir » à PARIS, achat de mallette éducative sur le SIDA …),
  • La préparation de trousses à pharmacie pour le groupe,
  • La préparation de cartons de dons pour la population locale ( 60 Kg),
  • La prise de contact avec le groupe et les professeurs,

Nous avons aussi participé à une rencontre de prévention avec les élèves un mois avant le départ (vaccins, conseils sur les conduites à tenir en matière d’hygiène et de sécurité sanitaire et à observer pendant le séjour et au retour). Cette première étape a été pour nous très importante dans la préparation du séjour, nous avons pu prendre conscience de l’importance de notre rôle dans la prise en charge sanitaire du groupe.

Mais nous avons eu des difficultés à élaborer le projet dû à un manque de temps pour contacter les différents sponsors ainsi que les différents intermédiaires au BURKINA-FASO.

Pendant le séjour

Prise en charge du groupe, nos actions ont été diversifiées :
Une grande part de notre travail a consisté à rappeler les mesures de précaution à prendre, la prise de Savarine, et donner des conseils : port de casquette, éviter des rester trop longtemps au soleil, penser à boire souvent…

Nous avons aussi pris en charge les élèves qui ont été malades pendant le séjour ( « coup de chaud », gastro-entérite… ) : prise de température, traitements…Il a fallu gérer les médicaments, organiser les soins, surveiller l’évolution… et rassurer les autres jeunes, qui commençaient à s’inquiéter à la vue de leurs collègues malades (fièvre à 40° ) ! Là, nous nous sommes rendu compte de l’importance des transmissions écrites pour le suivi des malades (médicaments données, heure de prise, évolution des signes…), même si nous n’étions que 2 soignants, ainsi que de la nécessité du travail en partenariat avec les professeurs, qui nous a permis de réévaluer et réajuster les conditions de travail des jeunes pour éviter ce genre de problème : pauses plus fréquentes, équipes tournantes…
Nous avons eu le sentiment d’avoir été utile au groupe, et que notre présence rassurait tout le monde.
Travail au CSPS (Centre de Soins et de Promotion de la Santé).

Nous avons pu, au cours de ces soins et pendant notre présence au CSPS discuter avec les soignants et apprendre de nombreuses choses sur le système de santé, les pathologies les plus fréquemment rencontrées : paludisme (surtout à cette période de l’année), Sida, maladies parasitaires dues à une mauvaise hygiène concernant l’eau notamment…
Les infirmiers ont aussi souligné la forte fréquentation des sorciers ou « tradipraticiens », qui entraîne un retard des soins, et donc augmente la mortalité.

Tout au long de ce stage, nous nous sommes sentis bien accueillis par l’équipe soignante, qui a tenu à nous faire découvrir tout ce qui a trait à la santé autour du village : visite du Poste de Santé Primaire (PSP) de Kassakongo, du Centre Médical Urbain (CMU) de Dédougou, et visite malheureusement annulée, faute de guide disponible, de la forêt primitive à la découverte des plantes médicinales.
Toutes les discussions que nous avons pu avoir avec eux se sont déroulées sur le mode de l’échange : chacun parlait des coutumes, des situations de soins de son pays…, ce qui a permis un enrichissement de part et d’autre.
Malgré de grosses difficultés avec la langue locale, nous avons eu de bons contacts avec la population, qui nous a mis en valeur. Pour eux, nous étions même des « docteurs » !

Cette action sera reconduite dans un futur échange

Prévention Sida

Les actions autour du SIDA n’ont pu être mises en place du fait de l’absence d’un responsable ; nos actions programmées n’ont pas pu être repoussées par manque de temps.
Mais ces actions pourront être reconduites, puisque nous avons pu remarquer une très forte demande à ce sujet.

Dans le village de DOUROULA, l’infirmier met en place des actions de prévention sur le SIDA.
La prise de conscience de cette maladie est de plus en plus présente, même si elle reste encore un tabou dans les villages reculés (appelée là-bas : la maladie du siècle).

De plus, nous avons pu remarquer un très fort taux de mortalité lié à la maladie, dans toutes les tranches d’âge de la population.
En effet, les maladies opportunistes ne sont pas prises en charge de façon adéquate en raison d’un important manque de traitement curatif.
L’essentiel des prises en charge reste avant tout préventive.
Du fait du manque de moyens financiers, peu de précautions sont prises de la part des soignants (pas de gants, hygiène des locaux et des moyens de désinfection déplorables). Même si le matériel et les traitements existent, leur coût les rend inabordables pour les patients, car même les dons de médicaments que nous leur avons apportés, seront vendus aux villageois pour permettre à l’infirmier chef d’acheter du matériel pour le dispensaire.

Cette expérience fût riche en découvertes et en apprentissages, nous avons apprécié le côté relationnel de ce pays ; car malgré le retard au niveau médical, ce pays est en avance en matière de communication et de respect de la personne.
Nous avons pu approcher un aspect différent du SOIN, et même si les conditions de vie entre la France et l’Afrique sont très opposées, l’envie d’y retourner reste présente à notre esprit.


07. PROJET 200 PAIRES DE LUNETTES DE VUE

Avec le concours de la mutualité française du Doubs

La Mutualité du Doubs nous a sollicités pour effectuer le nettoyage et déterminer l’indice de vue de verres. Une équipe a pris en charge cette opération hors temps scolaire. Une grande motivation et sérieux s’est instauré dans le groupe, ceci a permis de remettre à notre arrivée au Burkina Faso les 200 paires de lunettes à un organisme reconnu par la Mutualité du Doubs. Un besoin important besoin dans ce domaine se fait sentir et sachant que le prix d’une paire de lunettes équivaut à un an de salaire d’un ouvrier.

La Mutualité du Doubs a également apporté son soutien financier dans le cadre d’un concours « course en solidaire » en remettant un chèque de 1525€ à l’Association Afriq’Energies.

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