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Les activités culturelles 2001

ACTION D’AIDE AU DEVELOPPEMENT

AU BURKINA FASO en 2001/2002


ACTIVITES CULTURELLES


DECOUVERTE DU MILIEU ET DES HOMMES

Avant de partir au Burkina Faso, les élèves ont effectué des recherches concernant les faits historiques et les principales données géographiques du pays, en effet, il paraissait important de s’approprier quelques connaissances de base pour tisser un premier lien avec ce qui semblait être « le bout du monde ».
Par groupes au CDI, les élèves ont recensé des informations en histoire, qui permettront de réaliser une frise chronologique, et en géographie pour réaliser des tableaux dans les domaines de la population, l’agriculture et l’économie. Puis sur une carte agrandie, les régions, les villes importantes et le trajet effectué au cours du séjour seront représentés.
Ces informations transversales mettront en évidence les problèmes liés au développement.

LE MILIEU

En arrivant au Burkina Faso, nous sommes frappés par le milieu lui-même, car si nous avons travaillé sur des encyclopédies et visionné des photos nous étions loin de la réalité, ainsi, dès la descente de l’avion, à même la piste, nous remarquons la sécheresse du paysage, due à l’avancée inexorable du désert, très visible de l’avion. Il faut préciser que nous sommes en période sèche, ce qui correspond au début de l’hiver, même si les températures avoisinent 40° en octobre, les burkinabés commencent à ressentir la fraîcheur, pas nous !
Ainsi commençait notre périple.

Les routes goudronnées étant rarissimes, nous empruntons des pistes de latérite dont la poussière rouge s’insinue dans le moindre recoin : imaginez l’intérieur d’un bus africain après 8 heures de pistes, fenêtres ouvertes, spectaculaire !

La vitesse n’étant pas excessive, et de loin, nous avons le temps d’observer le paysage qui ne présente pas une grande variété de végétation, partout dans la brousse, les herbes, les cultures, les arbres nous rappellent sans cesse que l’eau fait cruellement défaut, pourtant, parfois s’élève majestueusement un baobab qui semble ignorer cette sécheresse, et qui s’élève vers le ciel ou alors c’est le ciel qui lui donne sa force.
Tout ici semble curieux, sur terre et dans le ciel, en effet, le soleil respecte des horaires réguliers : lever 6 heures, coucher 18 heures tous les jours, mais le plus étonnant reste la lune dont le croissant est couché, elle semble nous sourire.

LES FETES

Notre arrivée au village de Douroula est marquée par un accueil que nous ne pourrons oublier, teinté de chaleur et de respect, et, souvent d’une admiration dont nous ne sommes pas coutumiers, les élèves ont ainsi l’impression, agréable, être des vedettes, tout le monde, petits et grands tiennent à nous serrer la main.

Accueillir des visiteurs, c’est une fierté, quand ils ne font pas pleurer les plus petits qui sont parfois effrayés par notre couleur.

D’ailleurs, le jour de la « fête des blancs » est jour férié.
Nous avons droit à une fête à chaque visite de village à savoir Kibiri, Bladi et Douroula.

Ces fêtes sont l’occasion de multiples festivités : les danses, les masques, les discours, et le protocole parfois pesant mais tellement apprécié par la population.
Mais le « clou » de la fête est sans conteste le groupe des femmes qui se parent de leurs plus belles robes, et c’est un spectacle aux mille couleurs qui s’offre à nos yeux émerveillés.

VIE QUOTIDENNE

Le village de Douroula est divisé en quartiers divisés eux-mêmes en concessions, ces dernières regroupent, chacune, les membres d’une famille, dirigée par un chef de clan, mais ce sont ses 2 ou 3 femmes qui s’attellent à faire vivre tout ce monde, en préparant dès le matin les deux repas quotidiens, en allant travailler aux champs, en vendant divers produits au marché.

Dans ce village, il existe une association des femmes, elles sont décidées à prendre en main leur avenir, ainsi nous avons pu longuement échanger avec elles, notamment avec la « chef », KOITA ZATA, nul besoin de parler la même langue pour se comprendre et vivre des instants d’émotions gravés à jamais dans nos cœurs.

Nous avons aussi rencontré les hommes dans le cadre du jumelage de Douroula avec les élus de Besançon afin d’évaluer les « effets » de notre passage et les besoins futurs de ces villages.
Cependant, il semblerait que les femmes montrent davantage d’énergie dans la mise en place de projets, elles ont à cœur de voir évoluer les conditions de vie des burkinabés, et, font tout ce qu’elles peuvent pour y parvenir en prenant en main la gestion du four à pain, par exemple, ou des moulins à mil ainsi, l’avenir de l’Afrique appartient certainement aux femmes.

FAMILLE ET COUTUMES

L’un de nos hôtes, SIAKA KOTE, ne se fait pas prier lors de deux soirées pour nous exposer oralement la vie de famille burkinabé et ses coutumes, ainsi nous apprenons que la famille évolue, comme en occident, en effet, les filles ne sont plus promises dès leur naissance à un homme, maintenant elles peuvent choisir leur futur époux dès qu’elles sont en âge d’être mariées, vers 18 ans, âge qui recule peu à peu, ceci dit, il est d’usage d’être marié avant 30 ans. L’homme, quant à lui, peut épouser plusieurs femmes qui lui donnent respectivement environ 6 enfants voire davantage. De plus en plus, les jeunes époux s’installent en dehors de la concession familiale, ce qui n’est pas pour plaire aux anciens.

Les naissances suivent de près le mariage, dans ce département, il y a une maternité, ainsi les femmes n’accouchent plus chez elles (pour la plupart). Les parents donnent un prénom à l’enfant 7 jours après sa naissance, comme le nom d’un Saint de l’Islam est attribué à chaque jour de la semaine, l’enfant porte donc le prénom du Saint du vendredi s’il naît ce jour, par exemple mais parfois aussi le prénom du grand-père

Quant au décès, la personne décédée, ce qui est arrivé lors de notre séjour, est entourée d’un linceul puis mise en terre devant sa maison, alors que chaque membre de la famille et les personnes présentes sont invités à lire une page du Coran mais tous en même temps, ils ânonnent ce qui crée un brouhaha étonnant, puis à la fin de la lecture les pages sont rassemblées et le Coran est reconstitué. Une cérémonie a lieu dans les 24 heures avant la cinquième prière et une autre une semaine après le décès, puis un an.

L’Islam est la religion majoritaire mais l’Animisme est toujours présent dans les fêtes, la médecine.

AGRICULTURE

Dans la région du Mouhoun, où nous séjournons, les cultures principales sont le coton, le mil, le sorgho, le maïs, les arachides. Octobre, Novembre est d’ailleurs la période de récolte après la saison des pluies qui cette année se sont mal déroulées puisqu’il n’a pas plu après la germination donc les récoltes en pâtissent.
Les adultes coupent, les enfants ramassent et tous rentrent avec leur chargement sur la tête pour les femmes ou sur un âne. Les femmes réduisent le mil à l’état de semoule à l’aide du pilon soulevé à un rythme cadencé, cette semoule, le « tô », constitue la base de leur alimentation, nous avons pu en consommer avec cette fameuse sauce verte et gluante composée de feuilles de baobab, malheureusement le groupe n’a pas fait honneur au plat, si ce n’est notre aventurier. L’utilisation de plus en plus fréquente de moulins à moudre montre une certaine évolution et allège considérablement le travail des femmes, elles ont pris en main ce petit commerce et le gère de manière efficace.

Le mil sert aussi à fabriquer une boisson : le Mugudi, à laquelle on ajoute différentes épices (le gingembre) mais elle n’a pas davantage de succès. C’est dur de s’habituer à l’alimentation locale et nos rêves sont souvent peuplés de plats français.

Les villageois récoltent aussi les fruits de Karité en août pour en faire un beurre qui aura de multiples utilisations : nourriture, beurre, beauté et assurer l’étanchéité des murs et terrasses des cases en banco…

Quant à l’élevage, si nous apercevons de nombreux troupeaux, les bêtes sont d’une maigreur incroyable, la viande devient donc synonyme de luxe puisque peu en consomment.

Tous ces manques créent des carences alimentaires énormes l’alimentation étant composée d’un plat unique, presque le même tous les jours, sans produits laitiers ni protéines, donc aucune variété et une famine qui semble prendre de l’ampleur.

Des banques à céréales s’implantent afin de faire face aux années déficitaires et à une meilleure gestion des stocks par rapport à d’éventuelles spéculations qui ne font qu’endetter les villageois, alors ces derniers sont obligés d’aller cultiver de plus en plus loin, et de trouver des méthodes pour cultiver mieux. Ils pratiquent ainsi la culture sur brûlis permettant un meilleur rendement, sur les parcelles exploitables pendant cinq ans, après quoi la terre devra reposer, mais cette méthode est très contestée puisqu’elle contribue à la déforestation, dans un pays déjà défavorisé, les besoins en bois étant énormes, réduisant les précipitations et contribuant à l’avancée inexorable du Sahel.

Dans cette région sahélienne, la population augmente de 3 % par an alors que la production alimentaire ne s’accroît que de 1 %, ainsi, probablement un tiers de la population de la région sahélienne vit dans un état d’insécurité alimentaire : la superficie cultivée double, les rendements baissent et la pluviosité est faible.

ARTISANAT

Nous avons eu la chance de pouvoir visiter le centre de l’artisanat à Ouagadougou où nous avons pu observer les artisans dans le travail du bronze, du cuir, du batik, du bois, de la poterie des instruments de musique, des vêtements, du tissage du coton, de la teinture à l’indigo et remarquer les techniques propres à chaque domaine.

Nous avons complété notre information en visitant l’atelier des bronziers où nous avons suivi la réalisation d’une pièce de bronze de son ébauche à son achèvement, il est impressionnant d’observer ces hommes travailler le bronze par une technique manuelle ancestrale qui ne se transmet que par la mémoire.

Au cours de notre séjour, avec un archéologue de l’université de OUAGA. ;avec Mr Lassina KOTE, nous avons visité un site archéologique datant du IIème siècle avant J-C, où des fours à minerais situés sur des collines, ont été découverts, ils sont le signe d’une certaine organisation et d’une activité, nous avons pu voir des cases et des fours qui fonctionnent avec le vent par l’intermédiaire de tuyères en céramique. Nous avons abordé une réflexion pour mettre en place une protection du site et sa mise en valeur, un futur projet.

Un projet a été mis en place pour exploiter les techniques de l’artisanat africain en faisant appel à des artistes locaux pour animer les ateliers suivants : bronze, céramiques, fresques, batik, contes imagés, percussions et danses.

Une journée banalisée est prévue le 25/04/02 pour exposer le travail des élèves.

ARCHITECTURE

Une étude comparative sur les modes de construction a été effectuée par rapport au mode de vie des habitants et des ethnies sédentaires et non sédentaires.

FORET

La forêt recule de plus en plus du à la pratique du brûlis qui permet d’apporter un amendement au sol pour effectuer des cultures pendant 5 ans.

Cette technique fait diminuer la surface de la forêt ce qui diminue les chutes de pluies et entraîne une avancée plus rapide du Sahel.

Les Brûlis sont réalisés pendant les mois d’octobre, novembre, décembre par les ethnies sédentaires et non sédentaires, les Peules pratiquent cette technique pour l’élevage

Une action sur le reboisement a été lancée nous avons remis une somme de 1000F offerte par les Pépinières Guillaume de Charcenne. Ceci permettra de reboiser deux hectares lors de la saison des pluies en août 2002

CONTES ET PROVERBES

Les contes ont ici, en Afrique, une grande importance, ils sont toujours l’occasion de réunions sous un arbre ou autour d’un feu.

Nous avons, là encore de la chance, puisqu’un conteur (un instituteur) est venu dire des contes ou plutôt jouer des contes, car il s’agit d’une véritable mise en scène dans laquelle le conteur devient tous les personnages et transmet de manière exceptionnelle le message propre à chaque conte.

Les gens du village ont un grand respect de cette parole transmise par l’intermédiaire d’une histoire imaginaire mais qui rejoint si souvent la réalité.

Ce sont le marabout et le griot qui content, ils sont la mémoire, ils rythment les fêtes, les coutumes et pratiquent la sorcellerie, ils inspirent un respect et souvent une crainte de par la sorcellerie qu’ils pratiquent.
Le griot porte la mémoire du tout un peuple mais il n’est pas du côté du pouvoir mais du côté du savoir.

LES ENFANTS

Ici, nous ne pouvons les ignorer, ils sont très nombreux et nous entourent à chacune de nos sorties de façon très amicale, nous tendent leurs mains frêles que nous saisissons avec plaisir, ils nous fixent de leurs yeux immenses et répondent, quand ils comprennent, à nos multiples questions.

Nous avons l’occasion de pouvoir visiter l’école et les différentes classes surchargées : 50 élèves en moyenne, mais tous ne la fréquentent pas, seulement 10 % environ des enfants du village viennent régulièrement ; les rythmes sont à peu près similaires aux rythmes français ainsi que les programmes.
Malgré les efforts de la communauté, peu d’enfants (1 sur 60) peuvent poursuivre une scolarité au collège, situé à 25 KM du village, sans voiture, c’est impossible, et plus encore le prix que cela coûte pour des familles qui vivent très en deçà du seuil de pauvreté.

L’enseignement est pratiqué essentiellement de manière orale, l’école, comme beaucoup dans le pays, est démunie, peu de matériel, peu de livres, encore moins de crayons et de cahiers, tout cela est un luxe dont nous mesurons l’importance quand il n’existe pas, nous avons contribué à pallier, un peu, ces manques par un don de cahiers, de crayons et de matériel sportif.
Il faut préciser aussi que l’école coranique devient de plus en plus présente, ce qui ne favorise pas la laïcité.
Quand nous quittons Douroula, nos pensées vont vers ces enfants qui ont accompagné chacun de nos gestes. Il me semble encore sentir ces petites mains qui nous frôlaient délicatement dans l’espoir que nous allions les remarquer. Nous les avons remarqués et nous avons emporté avec nous leurs visages.

IMPACT SUR NOS ELEVES

Dans la préparation du projet, les élèves ont été responsabilisés en effectuant un partage des tâches pour aller chercher des lots pour la tombola, vendre des billets, remplir des dossiers pour obtenir des subventions, solliciter des entreprises et des collectivités locales pour aides financières, participer à des réunions de formations et d’informations : techniques, santé, vie de groupe …
Dans cette préparation un esprit de solidarité et une grande motivation se sont vite instaurés pour que le projet réussisse.

Il est certain que ces jeunes adultes, en contribuant à la réalisation d’un projet dans un pays en voie de développement, ont pris toute la mesure de la signification des mots développement, aide, solidarité, en effet, même s’ils étaient prévenus, ils ont été très surpris de la misère et des manques énormes de ce pays, ils ont pris conscience de la pauvreté et en contrepartie de la futilité, parfois, de leurs préoccupations propres à notre civilisation.

Ils ont vécu ces quinze jours dans la brousse, et au contact permanent des villageois, avec une ouverture d’esprit surprenante pour des jeunes, habitués à un certain confort matériel, là, ils ont fait preuve d’un sens des responsabilités et d’une humilité peu coutumière puisque chaque endroit, chaque personne rencontrée ont exacerbé les différences au niveau des conditions de vie. Pour autant, ils sont revenus avec des images positives de cet échange notamment au niveau de l’accueil et de la chaleur dégagés par les burkinabés, en effet, chacune de nos apparitions était saluée par des démonstrations de joie, les élèves ont eu le sentiment d’être des vedettes mais ne se sont pas comportés comme telles, ils étaient venus accomplir un projet, c’est ce qu’ils ont fait de manière efficace.

Ainsi ils sont tous prêts à repartir à la rencontre de l’autre et de l’ailleurs pour revenir différents et enrichis.

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