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Les activités culturelles 2003

ACTION D’AIDE AU DEVELOPPEMENT

AU BURKINA FASO en 2002/2003


ACTIVITES CULTURELLES


A la découverte de l’autre et de sa culture

Lors de notre précédent séjour au Burkina Faso, en 2001, nous avons été frappés par la prépondérance de la culture dans ce pays en voie de développement, pays dont la faiblesse économique est indéniable mais qui possède une richesse culturelle extraordinaire.

Ainsi, pour le séjour de novembre 2003, nous avons souhaité mettre l’accent sur la découverte de la culture africaine, sous tous ses aspects, afin de sensibiliser les jeunes à l’éducation au développement dans les pays en difficulté à travers des projets humanitaires, techniques et socioculturels.

Cette découverte de la culture s’est effectuée dans différents domaines à savoir : l’artisanat, les coutumes, les spectacles, la rencontre avec la population, l’architecture et l’agriculture.
Les thèmes ont été répartis entre les élèves qui avaient pour objectif de collecter des informations dans le domaine qui les concernait, afin de pouvoir effectuer une exposition au retour, participer à des ateliers culturels et réaliser un film qui sera projeté dans les établissements scolaires et les associations qui le souhaiteraient.

La culture orale

Lorsque les élèves ont commencé leurs recherches ils se sont rendus à l’évidence : c’est par l’oral que le savoir se transmet, quel qu’il soit. En effet, l’oral remplit de nombreuses fonctions dans un pays où le taux d’analphabétisation dépasse 70 %, où la culture ne passe pas par les écrits, où la plupart des ethnies vivent loin du monde moderne, où le seul mode d’accès à une culture réside dans la parole, parole du sage, parole du chef, parole des proverbes, parole dans l’art et dans les coutumes.

L’artisanat

Que ce soit à Ouaga, à Bobo, à Douroula ou ailleurs, l’artisan détient son savoir d’une transmission orale, un savoir-faire transmis de génération en génération, l’exemple le plus frappant étant celui des BRONZIERS, où la mémoire des gestes et des techniques est des plus précieuse ; patiemment et avec une grande précision, les plus jeunes reprennent les gestes effectués auparavant et les transmettront à leur tour à d’autres.

Ceci est vrai pour tout l’artisanat, et c’est encore plus frappant dans un village comme celui de Douroula, là, il y a le forgeron, lui-même fils de forgeron, il initie ses fils et ses neveux aux techniques de la forge, nous avons ainsi pu l’observer à l’œuvre, puis à côté se trouvent les femmes spécialisées dans la poterie, toutes les femmes de cette famille se consacrent à cet art, avec une habileté exceptionnelle. Cette corporation est appelée caste, elle seule a le droit de d’utiliser le feu et la terre.

C’est comme cela en Afrique, pas de livres explicatifs, pas de notices, pas de modes d’emploi, pas d’écoles pour apprendre l’art, simplement écouter, regarder et refaire, l’école de la vie.

Les coutumes et fêtes

Lors des cérémonies ou des fêtes, lorsque le masque fait son apparition, il est accompagné de musiciens qui scandent une musique répétitive et d’un homme qui prononce des phrases dans la langue de l’ethnie, et lorsqu’une personne d’une grande importance arrive, un homme, le griot, se lève et prononce des paroles de respect.

Au Burkina Faso, on ne rencontre pas une personne sans la saluer, au début, nous étions étonnés par ces salutations assez longues, puis nous nous sommes interrogés pour savoir ce que disaient les paroles échangées entre les personnes qui se croisent parfois plusieurs fois par jour, mais qui disent invariablement les mêmes choses, ainsi on demande d’abord si on a bien dormi, puis on s’enquiert de la santé, de la famille, du travail en remerciant à chaque fois.

C’est un rituel auquel on n’échappe pas, et j’avoue que nous avons essayé d’apprendre un peu le dialecte de manière à pouvoir répondre en respectant les usages, et surtout parce que cela nous a beaucoup plu, ce ne sont pas de banales paroles mais un témoignage sincère d’un intérêt pour « l’autre ».

Le conte

Le conte africain est le reflet de la société, il souligne les mentalités et révèle les croyances, il est un enseignement et le revendique alors que le conte européen est surtout un amusement

Le conte assure une cohésion sociale, avec une narration orale et publique, il met en valeur un problème ou un conflit au sein de la communauté, dans le dénouement, il propose une solution, c’est un véritable cours d’éducation morale ; le conte provoque chez l’auditeur de forts sentiments, la parole exprimée est respectée, elle répond à une norme, la société y trouve un modèle. Force est de reconnaître le rôle social et pédagogique du conte.

Dans la tradition, seuls les vieillards et les sages pouvaient conter mais le genre s’est démocratisé, aujourd’hui tous peuvent conter, cela se déroule souvent le soir, chacun peut intervenir mais en respectant le protocole de distribution de la parole.

Le conteur est un « diseur » apprécié pour sa sobriété et la profondeur de ses paroles, l’art de conter est à mi-chemin entre l’art de la parole et l’art du geste, ainsi le conteur est acteur principal de son spectacle et donne vie à tous les protagonistes du conte.
Le conte est un genre codé très ritualisé et fortement ancré dans la société africaine, bien loin de nos sociétés occidentales.

Le griot

Le statut du détenteur de la parole change beaucoup d’un peuple à l’autre, cependant, la parole est souvent dévolue à un « spécialiste » au rôle bien précis : il s’agit du griot.

Le GRIOT est le dépositaire de la mémoire collective d’un peuple, d’une famille, d’une communauté, il est souvent accompagné d’un instrument de musique, il retient les faits et les événements de son temps mais aussi du passé que son père lui a confiés pour qu’il les restitue aux générations futures.

On fait appel à lui lors des événements importants, par exemple pour annoncer une réunion, il passe de quartiers en quartiers, ou lors de veillées où il raconte aux familles leur passé, la généalogie, le griot sait tout sur tout.

L’institution des griots est très ancienne en Afrique occidentale, elle remonte probablement au Moyen-âge, ils appartiennent à une caste, ainsi ne devient pas griot qui veut, on naît griot, on est griot de père en fils et sa parole est l’une des plus importantes

Les proverbes

L’Afrique est le continent des proverbes, chacun de ses pays possède un répertoire important de proverbes qui sont des vérités imagées, et, là encore, ils sont souvent dits aux jeunes par les anciens ; presque tous les discours sont ornés de proverbes, ils connotent l’éloquence et la sagesse, d’ailleurs lors de notre séjour, nous avons été invités à une fête en notre honneur, émaillée de discours des personnalités officielles, et nous avons fait part de notre surprise lorsque nos messages traduits en Dioula, étaient beaucoup plus longs, on nous a expliqué qu’on ne pouvait traduire littéralement nos paroles, mais que les traducteurs imageaient nos paroles « occidentales » à l’aide des proverbes afin qu’elles soient mieux comprises par la population.

-*« Si l’échange équivaut à un cadeau, que chacun garde ce qui lui appartient »
-*« La maison construite avec de la salive ne résiste pas à la rosée »
-*« La bouche de la femme est son carquois »

Conclusion

Au Burkina Faso, la transmission de la tradition est l’affaire de tous, car elle se répercute sur l’éducation des enfants, et la famille est impliquée au transfert des connaissances au même titre que le griot, les vrais professionnels de la parole.

Toutes sortes d’informations sont transmises sur le milieu naturel ou la vie sociale, dont le prétexte est généralement trouvé dans la tâche que les personnes en train d’accomplir, ou les rencontres faites en chemin.
Evidemment, le vieillard intervient en priorité dans la tradition orale, il met son expérience, sa sagesse au service des enfants pour leur inculquer les valeurs traditionnelles, son rôle est très important, il est le trait d’union entre le passé et les présent.

Ainsi, en Afrique, la prépondérance de la parole n’est plus à démontrer, où que l’on aille, ce que l’on dit à l’autre est important et écouté avec une grande sagesse, les mots ne sont pas vains, ce sont toujours des messages forts et riches d’enseignement.

Au Burkina Faso, la parole ne s’envole pas, elle reste dans le cœur des hommes ainsi la parole donnée est certainement le plus beau des cadeaux au pays des hommes intègres.

« En Afrique l’homme ne meurt jamais, il change seulement de nature, il change seulement de contrée. La culture dès lors relève forcément du sacré, qu’antériorisent ou extériorisent en enrichissant l’homme et son environnement, ce qui fait toujours vivre les morts, les vivants et ceux à naître »

Lors de ce voyage la partie culturelle a permis de :

  • Comparer l’architecture traditionnelle et contemporaine en visitant plusieurs villes et des villages habités par des ethnies différentes.
  • Visiter des musées sur l’art nègre et les us et coutumes, l’art sacré, les masques
  • Visiter des sites naturels
  • Rencontrer des artistes et des artisans
  • Découvrir la richesse de la musique à travers des groupes folkloriques
  • Comprendre les us et coutumes suivant la religion pratiquée
  • « Devenir un élément intégré de l’intelligence en mouvement où l’homme pour comprendre, doit être muni de trois yeux »
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